dimanche 14 novembre 2010

Le p'tit chat des voisins d'en bas

Vous n'allez pas me croire. Je sais. Vous êtes de même. Tant pis. J'ai un hommage à rendre, et je vais le rendre. Parce qu'il sera content. J'ignore vraiment comment, mais je sais qu'il réussira à voir le contenu de ce billet. Le p'tit chat des voisins d'en bas.

Le p'tit chat des voisins d'en bas, entre vous et moi, n'est pas très beau (désolé, p'tit chat... mais on s'en est déjà parlé...). Mes voisins d'en bas me connaissent à peine. Ils ne sauront pas que je trouve leur p'tit chat pas très beau. Et s'ils finissent par le savoir, je trouverai une excuse. « Pour l'histoire. Pour meubler. Pour remplir des lignes ». Le p'tit chat des voisins d'en bas n'est pas très beau, mais ce n'est pas vraiment important. Le p'tit chat des voisins est un fantôme, je crois. Un sorcier. Je sais pas trop. Mais c'est pas un p'tit chat.


Je crois que ce p'tit chat a été mis sur mon chemin pour une raison précise. Je sais, vite comme ça, que j'ai l'air complètement folle, mais c'est étrange de chez étrange. L'histoire débute environ deux semaines après mon emménagement dans mon chez-moi, il y a plus d'un an. Mes voisins d'en bas décident d'adopter ce p'tit chat noir et blanc (pas très beau, mais c'est pas vraiment important) qui flâne sur le balcon de l'immeuble depuis deux semaines. Premier « signe ». Arrivé dans les parages en même temps que moi.

Je rentre tous les soirs du boulot vers minuit. Je vous jure que chaque soir, depuis plus d'un an, dès que je verrouille la portière de ma voiture, j'entends le p'tit chat, gling-gling-gling-médaille-dans-le-cou, qui accoure. Il m'accueille, comme ça, soir après soir après soir. On marche ensemble jusqu'à la maison, on se laisse avec une petite flatte sur la tête du petit chat un peu moche tout ronronnant. Lui entre dans son manoir par une brisure dans le moustiquaire, et j'entre dans le miens. (Par la porte. Cherchez pas plus loin.)

Souvent, le p'tit chat des voisins d'en bas s'assoit pénard sur mon balcon arrière. Face contre ma porte vitrée. Il regarde dans la maison. S'assure que tout va bien. Au début, ce p'tit chat pas très beau (il louche, disons-le) et beaucoup trop présent me faisait peur. Maintenant, je l'aime bien.

Qu'il se retrouve assis pénard sur mon balcon arrière, c'est une chose. Allez essayer d'expliquer maintenant la fois où le p'tit chat des voisins d'en bas s'est retrouvé les quatre fers en l'air sur la chaise rose en toile de mon balcon avant. Il était là, à se faire dorer la couenne au soleil. Pas d'escalier pour se rendre sur le balcon. Il a fait comment? Sauté? Grimpé sur le mur de briques? Il est disparu au bout d'une heure, j'ignore tout autant comment. Je vous le dis, le p'tit chat est un fantôme.

Un soir après le boulot, je vais boire une bière (peinte de blanche avec citron, s.v.p.) dans un bar pas très loin de chez moi. J'en ressors vers 2h00 du matin. Qui vois-je, de l'autre côté de la rue, qui m'attend sur le trottoir? Plus besoin de présentation... Le p'tit chat pas très beau des voisins d'en bas. Il me rejoint en courant, gling-gling-gling-médaille-dans-le-cou, et me tient compagnie jusqu'à la maison, quatre rues plus loin. Vous dites quoi, de ça?

Je me sens en confiance. Chaque soir, je me sens en sécurité grâce au p'tit chat des voisins d'en bas, pas très beau, qui vient m'accueillir. Je vous entends d'ici: « Ben oui Caro... Si tu te fais attaquer par derrière aux abords d'une ruelle, le p'tit chat des voisins d'en bas, il n'y pourra pas grand chose. » Les chats sont hypocrites et brillants. Je suis persuadée qu'ils sont capables de grandes choses. De toute façon, quand il n'est pas disponible, il envoie un remplaçant. Ouais. Certains se rappelleront peut-être du raton? Mon face à face avec l'immense raton sorti de nul part? Celui qui m'a regardée droit dans le blanc des yeux pendant deux minutes (alors que je voyais défiler le film de ma vie avec comme trame de fond et de fin une histoire d'attaque au raton enragé) avant de poursuivre son chemin vers une poubelle meilleure? Eh ben ce soir là, le p'tit chat des voisins d'en bas n'est pas venu m'accueillir. Voilà. Il avait envoyé le raton. Mais le raton, novice, ne savait pas trop. Il ne savait pas qu'il devait m'accompagner jusqu'à la maison. Et bon, franchement, c'est peut-être mieux ainsi. C'eut été légèrement angoissant...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire